Calanques et FFME

Voici la préface du tout nouveau topo des Calanques, écrite par Jean Claude Grand, actuel président du comité territorial 13 FFME.

Si les premières traces d’activités humaines dans les Calanques remontent à environ 30 000 ans, celles des grimpeurs sont  peut-être un peu plus récentes mais endémiques sur le paysage des Calanques et gravées dans le rocher.  De ce fait le Comité Départemental de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (CD13 FFME) se doit de veiller encore plus, voire de défendre, si nécessaire, la pratique de l’escalade sur ce site remarquable des Calanques. La création du Parc National des Calanques en avril 2012, ne doit pas être un obstacle au développement d’une activité en plein essor, mais plutôt un accompagnement à une pratique raisonnée et raisonnable ; l’escalade faisant partie du patrimoine culturel du parc national. Si un des axes majeurs de la politique du CD13 FFME est la défense et l’entretien des sites naturels d’escalade, il est important de rappeler que le fil rouge de cette politique est avant tout la sécurité. En effet, dès sa création en 1984, le CD13 FFME sécurise les voies des Calanques alors équipées principalement de spits vieillissants et de pitons. Au début des années 90, le comité lance une grande campagne de rééquipement du massif suite à de conséquentes subventions du Département. Le Comité  engage alors de gros chantiers sur les falaises très fréquentées d’En-Vau, Castelvieil, Sormiou, Crêt St Michel, Aiguille de Sugiton etc. et poursuit son action depuis. Ces dernières années, la tâche s’est poursuivie grâce aux aides du Conseil Départemental, du CNDS mais aussi des bénéfices du topo des Calanques. En signant, dans les années 2000, des conventions avec les propriétaires des falaises des Calanques, le CD13 FFME démontre à nouveau son souhait de créer des relations privilégiées avec les gestionnaires et propriétaires d’espaces naturels dans un contexte de règlementation (Natura 2000, Parc National). Par responsabilité morale, le comité agit aussi sur les falaises non conventionnées mais fréquentées, quand il a connaissance d’un enjeu avéré de sécurité. Le massif des Calanques est un terrain de type montagne où les voies sont souvent difficiles d’accès et où se côtoient des voies non équipées, des voies semi équipées (composées d’amarrages fiables mais que le grimpeur doit compléter par ses amarrages amovibles et/où des chutes dangereuses restent possibles) et des voies relativement bien équipées de type « sportif ». La diversité des pratiques fait partie de l’histoire de l’escalade dans les Calanques et en fait toute sa richesse. Il est important de faire apparaître la différence entre les sites « écoles » généralement d’une longueur où le comité peut assurer une maintenance régulière et les autres voies de plusieurs longueurs plus difficiles d’accès et équipées ou semi équipées, ne pouvant entrer dans les conventions actuelles de voies sportives. De fait, même si le CD13 FFME ne souhaite pas abandonner l’entretien de ce type de « grandes voies », le comité ne peut prendre en charge seul la responsabilité et l’entretien des équipements de tous ces types de voies. Pour en revenir à ce nouveau topo des Calanques, malgré le travail colossal qu’il a demandé et nous pouvons en féliciter les auteurs, ce dernier ne peut être exhaustif en essayant de répertorier ainsi plus d’un siècle d’ouverture de voies. Par contre, il est un outil formidable en matière de sécurité par les renseignements fournis aux grimpeurs et aux services chargés des secours. En effet la pratique de l’escalade, comme beaucoup d’autres activités humaines comporte des risques qui peuvent être réduits par la formation et l’information des pratiquants. C’est donc, dans le souci d’apporter une meilleure sécurité pour les grimpeurs que le CD13 FFME apporte sa contribution et son soutien à cet ouvrage, dont une grande partie des bénéfices permettra ainsi l’entretien des voies « petites comme grandes ». Si vous voulez vous aussi participer « à l’effort de guerre », alors achetez des topo fédéraux ou cautionnés par la FFME et prenez une licence fédérale. Ici, au CD13 nous dépensons sans compter, pour l’entretien de nos sites naturels d’escalade. Bonne grimpe, et si la sécurité c’est « l’affaire » de tous, c’est avant tout celle du grimpeur lui-même !